Par Ablaye Modou Ndiaye, Diamniadio

Aprés l’adoption du Plan Sénégal Emergent (PSE) comme cadre de référence de la politique économique et sociale, le Sénégal s’est engagé à mettre en place un cadre de suivi-évaluation(CSE) pour rendre compte des progrès réalisés et prendre au besoin nécessaires au fur et à mesure de l’avancement de la mise en œuvre. Selon ce cadre de suivi-évaluation(CSE) qui a tenu sa première réunion de partage ce mardi 7 avril au centre de conférence Abdou Diouf de Diamniadio, la relance de l’économie, amorcée en 2012, est en train de se conforter.

En effet, le taux de croissance du PIB réel est estimé à 4,5% en 2014. Ainsi pour l’année 2014, le gouvernement avait élaboré un budget fondé sur une hypothèse de croissance de 4,6 %, laquelle devait être portée par les investissements dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures, de l’énergie et des mines.
Au total, plus de 2732 milliards FCFA de dépenses étaient prévues. En plus le budget 2014 est un budget de développement puisque 942 milliards FCFA (35% des ressources totales) étaient affectés à l’investissement, dont 61% financés sur ressources internes contre 49% en 2013.
La rationalisation des dépenses publiques qui avait été une des priorités du gouvernement a contribué à dégager un espace budgétaire pour le financement de la croissance. Le déficit public a été ramené de 6,7 % du PIB en 2011 à 5,1 % du PIB en 2014, soit un effort de 1,6% de PIB en trois ans.
« Les réalisations sur le climat des affaires ont permis au Sénégal d’intégrer le groupe des dix meilleurs réformateurs au monde dans le classement Doing Business de 2015. Dakar est aussi dans le TOP 10 Afrique de la Notation sur la Gouvernance Economique (Mo Ibrahim) et dans le TOP 10 de la Notation Freedom index. Le Sénégal est également dans le TOP 15 Afrique des Pays les plus Compétitifs selon le World Economic Forum de Davos », a souligné le rapport du PSE.
Dans l’agriculture, le Sénégal a réalisé une production de riz paddy estimée à 559 021 tonnes pour un objectif de 968 400 tonnes en 2014, soit un taux de réalisation de 58%. La production d’oignons est estimée à 245 000 tonnes pour un objectif de 280 000 tonnes en 2014. En revanche, la production de pommes de terre est ressortie à 29 680 tonnes sur un objectif de 23 000 tonnes, soit un taux de réalisation de 129 %. Les exportations de produits horticoles ont atteint 85 400 tonnes sur un objectif de 90 375 tonnes. Le capital semencier reconstitué s’est établi à 154% pour les pré-bases (100 tonnes sur un objectif de 65 tonnes en 2014) et 97% pour les bases (253 tonnes sur un objectif de 260 tonnes).
Les infrastructures et les services de transport constituent des leviers importants dans le PSE pour le soutien des activités de production et le déplacement des populations. Le réseau routier est estimé à 15 000 km dont 35% est constitué de routes revêtues et 65 % par les routes en terres. La densité de route par Km² demeure encore faible soit 2,5 km pour 100 km².
Pour résorber le déficit de production d’énergie et mieux accompagner la productivité et la compétitivité de l’économie, le gouvernement a engagé d’importantes réalisations dans le domaine énergétique, selon le CSE. Il s’agit, notamment, de la mise en œuvre de projets de production, de la construction de nouvelles lignes de transport et de distribution, de la mise en œuvre du programme de renforcement du comptage. Ainsi, le coût moyen de production a connu une légère baisse passant de 95 FCFA le KWH en 2013 à 93 FCFA en 2014. Le taux d’électrification rurale est passé de 26 à 30% et le nombre de jours de stockage des hydrocarbures a progressé de 21 à 24 jours entre 2013 et 2014.
Pour la mobilisation des ressources financières, le Sénégal a émis un Eurobond de 250 milliards de FCFA sur le marché international en 2014 . L’émission a constitué «la deuxième meilleure performance d’un emprunt souverain africain, l’année dernière, derrière la Côte d’Ivoire mais devant le Gabon et le Kenya », a fait remarquer le cadre de suivi-évaluation(CSE).
D’autres secteurs notamment la santé, l’éducation et le social ont également connu des avancées significatives a relevé le CSE.
Malgré les progrès enregistrés et les bonnes pratiques réalisées, le cadre de suivi-évaluation souligne que le Sénégal se situe parmi les pays ayant de faibles chances d’atteindre tous les OMD à la fin 2015, si les tendances actuelles se poursuivent. Le cadre stratégique d’accélération des OMD a été intégré dans le Plan d’Actions Prioritaires 2014/2018 du Plan Sénégal Emergent (PSE) afin de renforcer la production économique et éradiquer la pauvreté absolue dans le cadre de l’Agenda Post 2015.
Le CSE permettra d’identifier à temps les contraintes et de prendre les mesures idoines pour la mise en place d’un plan de travail efficace pour la réalisation d’un taux de croissance de 5,4% en 2015.

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