Pour 51% de nos lecteurs, Cristina Duarté est la personne idoine pour succéder au rwandais Donald Kaberuka à la tête de la Banque Africaine de Développement.  L’avance de la ministre cap-verdienne des Finances est toutefois entrain de fondre au profit de son poursuivant immédiat, Bedoumra Kordje, ministre des Finances du Tchad.En effet, le 13 novembre 2014, ils étaient 59% à soutenir cette technocrate sensée remplacer Donald Kaberuka.   Le retour en force de Bedoumra Kordje (21,14% des intentions) dans les opinions fait dire aux observateurs que l’influence consolidée du Tchad sur la scène africaine est inversement proportionnelle à l’entregent du Cap Vert auprès de certains membres non régionaux hors France.   Autant Ndjamena, drappée dans son uniforme de gendarme du Sahel et de l’Afrique Centrale, dispose de tous les ressorts pour ranger l’Afrique centrale (la CEEAC se range derrière Bedoumra) et l’Afrique de l’Ouest (les tractations sont en cours), autant le Cap Vert, isolé du continent,  fait figure de nain diplomatique qui a cependant  avec lui la grâce des bons élèves du FMI et de la Banque Mondiale.   Un  clash entre l’Afrique du Sud et le Nigéria favoriserait ce pays insulaire.

Les prochaines semaines seront décisives pour départager ces deux candidats qui tiennent pour le moment à bonne distance le tunisien Jalloul Ayad et le malien Birama Sidibé.  Avec 7,79% des intentions de vote pour le premier et 7,25% pour le second, il n’est pas prématuré de dire que le malien semble souffrir de la situation politique de son pays et d’un supposé syndrome Makhtar Diop qui le presse de se libérer de ses fonctions de vice -président de la Banque Islamique de Développement (BID) pour mieux faire campagne.

En fait, le vrai problème de Birama Sidibé sera le nerf de la guerre. Sachant que le Mali ne dispose que d’un matelas d’à peine 250 milliards de FCFA et ne semble pas, selon les experts, pouvoir résister à la pression tchadienne, quel crédit peut-on donner à une telle candidature?

En cinquième position, arrive Akinwumi Adesina, le tout puissant ministre nigérian de l’Agriculture.  Après l’échec de la candidature unique de la CEDEAO sous sa bannière, le nigérian voit son sort lié plus que jamais à celui de son mentor, Goodluck Jonathan. En reportant les présidentielles de 6 semaines, jusqu’au 28 mars,   Abuja fragilise la situation de son candidat.  De plus, M. Adesina risque de faire les frais d’une rivalité avec la ministre des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala, laquelle  sait que faire triompher son compatriote à la tête de la BAD revient pour elle à  renoncer à toute carrière internationale.  Néanmoins, avec un avion à sa disposition et des moyens colossaux, Akinwumi Adesina fait partie des candidats sérieux .  Son adversaire immédiat pourrait être le zimbabween  Zondo Sakala, candidat de la SADC et de l’Afrique du Sud (1,2%) devancé par l’éthiopien Ato Sufian (2,9%) et le sierra léonais Samura Kamara (3,26%).

Ce sondage permanent de Financial Afrik, très suivi par le personnel de la BAD, n’est qu’une photographie réalisée auprès de 11 000 lecteurs francophones et anglophones, via le site internet et les réseaux sociaux affiliés.

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