Un seul visa touristique pour l’ensemble des pays de la SADC (Southern Africa Developpment Countries) serait un vrai relais de croissance pour l’industrie du tourisme  selon une étude réalisée par la SAIIA (South African Institute of International Affairs).

Selon l’étude, un visa unique pour ces différents pays permettrait un accroissement de 3 à 5% des échanges touristiques régionaux et internationaux sur des zones parfois transfrontalières comme le Kruger entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, ou les chutes Victoria entre la Zambie, le Zimbabwe et le Botswana. Plusieurs études internationales confirment l’impact négatif sur le développement du tourisme lorsque les visiteurs doivent subir un processus long et fastidieux pour obtenir un visa touristique.

Pour le SAIIA, ce type de visa devrait également permettre le développement des échanges commerciaux entre ces pays, en facilitant la circulation des hommes d’affaires sur ces régions. L’institut précise que le taux des échanges économiques n’est que de 12% entre les membres de la SADC alors qu’ils sont de 40% sur le continent nord-américain et de 70% en Europe. Le département du Home Affairs sud-africain est relativement «frileux» concernant  ce type de visa, vient justement de renforcer  les procédures d’obtention de visas qui englobent désormais les relevés d’ empreinte biométrique et  l’ extrait de naissance intégral pour les enfants…

Pour les responsables sud-africains, l’immigration illégale et la criminalité liées aux ressortissants de ces pays risquent de ralentir la mise en place d’un tel visa unique. Pour les autres pays membres de la SADC, les réticences sont d’abord  économiques,  une règle de répartition des bénéfices tirés dans l’établissement du  visa unique  n’étant pas correctement établie. Pour certains de ces pays, la délivrance des visas reste un revenu important notamment en devises. Certains membres du SADC  craignent que les touristes arrivent essentiellement par l’Afrique du Sud,  principal hub d’entrée pour cette région de l’Afrique depuis l’étranger.

Selon l’UNWTO (United Nations World Tourism Organisation), la politique à l’encontre de la délivrance des visas touristiques reste un frein  dans le développement de l’industrie touristique qui représentait 8.9% du PNB de l’Afrique et 5.8% du PNB de la zone SADC en 2013. Le tourisme représentait 10% du PNB de l’Afrique du Sud en 2013.