Le président nigérian Goodluck Jonathan a échappé hier lundi 2 janvier  d’un attentat qui s’est produit  dans un stade lors de son  meeting. Une bombe a explosé à la sortie du cortège du Président Goodluck Jonathan du stade. Cette explosion dans le stade de la ville de Gombe a causé la mort de deux personnes.

Ce meeting du Président nigérian s’inscrit dans la campagne présidentielle qui va se tenir le 14 février prochain. En effet, le Président du Nigeria  avait annoncé officiellement le 11 novembre dernier sa candidature pour briguer un second mandat présidentiel.

Cependant son bilan risque d’être un handicap pour lui. Car ce bilan reste mitigé selon les indicateurs du fonds monétaire international. Selon l’institution financière la croissance économique de la richesse produite dans ce pays à l’arrivée au pouvoir du Président Goodluck Jonathan en 2010 était de 10,6 %, ce après la crise financière de 2007/2008. On a assisté à une chute de moitié  sans véritable lisibilité (que certains expliquent par la Corruption) avec une moyenne de 5 % de croissance entre 2011 et 2013 et une légère remontée avec les estimations autour de 7 % pour 2014 et 2015.

A en croire le FMI, le vrai problème est que le Nigeria avait une moyenne de 9,6 % de croissance économique entre 2004 et 2010 avec un record établi à 13,3 % en 2004. Goodluck Jonathan est celui qui n’aura pas réussi à assurer la soutenabilité des performances économiques de ce pays, dont l’émergence se fait attendre.

« L’inflation a été réduite aussi, passant de 13,7 % en 2010 à 8,5 % en 2013 avec des perspectives à 8,3 % en 2014 et 8,7 % en 2015.Les investissements ont chuté. Il était de 21,7 % du PIB en 2009 et suivent une pente descendante depuis que Mr Goodluck Jonathan est au pouvoir, passant de 17,3 % du PIB à 15,2 % du PIB », a  rapporté les indicateurs du FMI.

 

 

Cette candidature du président sortant survient par ailleurs dans un contexte sécuritaire critique dans le Nord-est, où Boko Haram contrôle plus d’une vingtaine de localités et multiplie les tueries.

Durant son mandat, Goodluck Jonathan, qui avait promis de faire des questions de sécurité une de ses priorités, n’est pas parvenu à juguler l’insurrection islamiste ni à combattre la corruption, un mal endémique dans la première puissance pétrolière et économique du continent.

Ce mauvais bilan sera d’autant plus difficile à défendre pour Goodluck Jonathan qu’une nouvelle tuerie perpétrée par Boko Haram, il y’a moins de quinze jours, a fait plus de 2000 morts et 16 villages brulés.

Malgré cette situation, les experts pensent cependant que l’actuel président a de fortes chances de remporter le scrutin, le 14 février 2015, le parti au pouvoir ayant pour habitude de mobiliser d’importants fonds publics pour la réélection de ses élus. Goodluck Jonathan, 57 ans, dirige le Nigeria depuis la mort de son prédécesseur Umaru Yar’Adua en 2010.

Son  principal adversaire , l’ancien dirigeant militaire Muhammadu Buhari, met justement en évidence son incapacité à neutraliser Boko Haram.

 

Ablaye Modou Ndiaye

 

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