Les Chefs d’Etat de la CEDEAO (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest) qui se réunissent samedi  à Abuja (Nigéria)  veulent faire bloc derrière la candidature du nigérian Akinwumi Adesina.   Ce sera le gros menu du dîner des chefs d’Etat à la veille du sommet. Ce choix qui ne repose sur aucun critère mesurable constituerait, commente un diplomate sous couvert de l’anonymat, “un dangereux précédent contraire aux règles internes de l’organisation sous régionale.  Depuis quand le poids d’un  pays est-il un critère de choix pour un poste aussi stratégique?”  

Information de taille,  cette cooptation  ne figurerait  pas dans l’ordre du jour. Apparemment, tout est fait dans le plus grand secret. Si le regroupement annoncé derrière le candidat nigérian se précise, cela voudrait dire que la communauté ouest-africaine a décidé de sacrifier la candidature du malien Birama Sidibé, vice président de la Banque Islamique de Développement et, surtout, celle de la cap-verdienne Cristina Duarté, ministre des Finances. Le Cap Vert se dit d’ores et déjà non tenu par cette décision peu objective et peu conforme.

 

La décision de la CEDEAO fait suite à celle prise il y a un mois  par la Communauté des Etats de l’Afrique Australe  (SADC)   d’apporter son soutien  au candidat zimbabwéen, Zondo Thomas Sakala, actuel vice président de la Banque Africaine de Développement (BAD).  Grande différence cependant, la SADC a fondé sa décision sur les recommandations d’un comité scientifique qui a procédé par élimination.

Or, en ce qui concerne la démarche de la CEDEAO, il n’y a eu aucun critère objectif à l’origine de ce choix qui va à l’encontre des critères sélectifs, stricts  et très démocratiques qui ont jusque-là prévalu dans la désignation du président de la BAD.  En ces temps d’hymne à la bonne gouvernance et à la démocratie, ces procédés ne vont-ils pas à l’encontre des aspirations de la nouvelle Afrique?  Devrait-on entériner un coup d’Etat constitutionnel à la BAD, l’une des rares organisations saluées par son exemplarité?  Encore une affaire de syndicat des chefs d’Etat? Voir notre sondage.

 

Adama Wade