L’annonce de la mise en place de une transition au Burkina Faso par un général cinq étoiles a un air de déjà vu. La liesse populaire qui s’est emparée du pays des hommes intègres s’est un peu estompée à la lecture de ce discours martial du chef de l’armée qui vient clôturer une journée de révolte et de dignité.

Une journée de renaissance payée au prix du sang (20 morts) et qui montre toute la détermination de la société africaine dans sa revendication, légitime, de la démocratie. Le droit au rayon du soleil, le refus de l’homme providentiel et la croyance en une société égalitaire, progressiste et transparente. Voilà ce qui a fait marcher des millions de personnes depuis le 28 octobre.
Des jeunes, poitrines au vent ( qu’est ce qu’ils sont beaux!) se sont dressés comme un seul homme contre la caricature de la démocratie qu’on voulait leur servir. Sans préjugés idéologiques, les héros du 30 octobre, ont mis en échec les desseins d’une caste déconnectée des réalités de tous les jours et qui a cru que cette fois-ci encore la farce passera.
Mais, alors que les fondements de la dévolution monarchique qui se préparait sont ébranlés, voici que l’armée s’invite dans le jeu. Un scénario à la Sississienne qui, espérons-le, ne replongera pas le Burkina Faso trente ans arrière. Le peuple des hommes intègres qui a payé de son sang cette éclaircie du 30 octobre, qui a goûté au souffle enivrant de la liberté, n’acceptera pas cette fois-ci qu’on lui vole la victoire.