Une heure et dix sept minutes de tête à tête, vendredi 24 octobre sous fond de rumeurs.  Henri Konan Bedié qui a reçu le   président Alassane Ouattara à son domicile de Cocody, quartier chic d’Abidjan, lui assuré  de l’engagement du PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) à le soutenir pour les élections présidentielles de 2015.

Problème, M. Bedié  parle en son nom et non à celui de son parti dont les résolutions prises lors du 12è Congrès, renforcées par ses propres déclarations,  appelaient plutôt à désigner un candidat PDCI en 2015.  C’est pourquoi l’appel du 17 septembre proféré par le même Bedié à Daoukro, invitant son parti  à soutenir la candidature unique du président Ouattara pour l’ensemble PDCI-RDR, rencontre des résistances en interne.

“Le fait que les procédures internes n’aient pas été respectées nous a beaucoup surpris. Nous ne sommes pas contre Bédié. D’ailleurs, l’histoire du PDCI montre que nous l’avons soutenu à plusieurs moments cruciaux. Nous sommes contre sa manière de s’asseoir et de se lever sur les statuts du parti. Cette fois-ci, il a outrepassé ses pouvoirs. Qu’il y ait des pressions extérieures, nous le comprenons. Mais tout de même, il aurait fallu, par respect, qu’il vienne nous en parler”, réagissait Christophe Doka, président du syndicat des producteurs individuels de café et de cacao, début octobre, dans les colonnes de Jeune Afrique.

Selon les indiscrétions, Bedié a proposé ce deal au président actuel en échange d’une alternance en 2020 date à laquelle le RDR apporterait son soutien à une candidature du PDCI.

Quoi qu’il en soit , rencontre  entre les deux alliés était nécessaire pour renouveler l’alliance  RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix)’’. Face à la presse, le président ivoirien a déclaré que “tous ceux veulent être candidats le soient”, coupant court à la polémique entretenue par ses adversaires politiques sur la poursuite de 83 personnalités pro Gbagbo devant la Cour d’Assise.