La vidéo du directeur général de la Caisse de Dépôt et de Gestion,  Anas Alami,  regagnant, jeudi,  son lieu de travail après d’éprouvantes heures face au  Procureur de Fès a suscité beaucoup de commentaires dans les milieux d’affaires marocains. Accueilli par des dizaines de collaborateurs, le DG  a diffusé une note interne demandant à son personnel d’observer une stricte neutralité vis-à-vis d’une affaire judiciaire en cours.

 

 

 

Voilà un directeur général d’une entreprise publique, souvent cité en exemple, qui s’est retrouvé du jour au lendemain dans les bras de Thémis à la suite d’une plainte adressée l’été dernier au Roi par  des acquéreurs de biens immobiliers mécontents, des résidents marocains à l’étranger pour la plupart.
A priori, la plainte concerne directement la Compagnie Générale Immobilière (CGI) filiale de la Caisse de Dépôt et de Gestion cotée à la Bourse de Casablanca. Le caractère expéditif de l’enquête de la brigade nationale de la police judiciaire ainsi que la méthode musclée avec laquelle M. Alami ainsi que le directeur général de la CGI, Ali Ghanam,  et 23 collaborateurs ont été conduits devant le procureur puis devant le juge d’instruction de la Chambre des crimes et délits financiers, Mohamed Touileb,  pour des auditions qui ont traîné en longueur,  rappelle la période d’assainissement de la deuxième moitié des années 90.

Les avocats de la défense ont parlé d’humiliations, rapporte le quotidien L’Economiste, proche des milieux d’affaires: ” Les deux patrons de CDG et CGI ont quitté le tribunal de Fès, dans la nuit du 15 au 16 octobre, à précisément 1h40min”, écrit le quotidien. “Avant de les retenir et les agrémenter par d’autres chefs d’inculpation et requalifier les faits ou les rejeter, Mohamed Touileb a décidé de re-convoquer les 23 personnes pour complément d’enquête. Rendez-vous leur a été fixé pour le 13 novembre prochain pour une seconde audition”. 

Notons que le juge d’instruction a décidé de poursuivre les 23 prévenus en état de liberté. Au delà de la psychose soulevée, cette affaire “Badis”,  du nom du programme immobilier objet du scandale, représente un véritable test pour mesurer l’évolution de l’environnement des affaires au Maroc.