« Il y a 130 ans, presque jour pour jour, un événement a eu lieu à 700 km d’ici qui continue de structurer les échanges intra-africains et les relations commerciales de l’Afrique avec le monde… » C’est ainsi que Guy Gweth, fondateur de Knowdys, a engagé son speech sur l’Afrique et le TTIP le 14 octobre 2014 au Parlement Européen.

La Conférence de Berlin à laquelle faisait référence l’intervenant a consacré le «partage du gâteau africain», une balkanisation sacralisée en 1963 à Addis-Abeba par le principe de «l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation ».
«Les échecs font partie de la vie. Si tu n’as jamais échoué, tu n’as jamais appris. Si tu n’apprends jamais, tu ne changeras jamais.»
Guy Gweth a mobilisé ce proverbe africain en introduction pour montrer que i) « la communauté internationale » est une sphère violemment concurrentielle et que ii) l’Afrique doit absolument apprendre du passé pour faire face au Traité Transatlantique (TTIP). « En matière de compétition, a-t-il rappelé, il y a toujours des vainqueurs et des vaincus. Et force est de constater que jusqu’ici, le continent africain a malheureusement toujours perdu…»
Pour bien fixer les enjeux du Traité atlantique sur l’Afrique, Guy Gweth a dévoilé les stratégies de puissance européennes (cas de la France), étatsunienne, chinoise, ainsi que celles des autres pays émergents (Afrique du Sud, Brésil, Inde, Israël, Maroc, Turquie et Qatar) sur le continent africain. « C’est dans ce contexte travaillé par l’affrontement entre puissances que va intervenir un TTIP pesant 50 % du PIB mondial et 30 % du commerce mondial…» a précisé le conférencier.
« Le principal risque pour les Africains, c’est de se retrouver une nouvelle fois à danser sur une musique qu’ils n’ont pas écrite. »
Expert en intelligence stratégique, due diligence et affaires publiques, Guy Gweth a souligné que face au TTIP, l’Afrique sera confrontée à trois défis majeurs : i) celui de la règlementation, ii) celui de la judiciarisation des relations commerciales et iii) celui de la redistribution des cartes au niveau géoéconomique. « Le principal risque pour les Africains, a-t-il résumé, c’est de se retrouver une nouvelle fois à danser sur une musique qu’ils n’ont pas écrite. »
Directeur des opérations au sein de Knowdys, agence leader du conseil en intelligence économique en Afrique, Guy Gweth a terminé son propos par une citation de Zig Ziglar : « si tu apprends quelque chose de la défaite, alors tu n’as jamais vraiment perdu. »
Knowdys se tient aux côtés des Etats africains et des entreprises évoluant en Afrique pour décrypter le TTIP afin de transformer ses menaces en opportunités d’affaires pour l’Afrique, a déclaré Guy Gweth dans une interview donnée en fin de conférence.
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« Il a su pimenter l’après-midi avec un flot ininterrompu de concepts, chiffres-clés et vérités dérangeantes. »
Pour Annie Mutamba, co-fondatrice de Meridia Partners et co-organisatrice de l’évènement, l’intervention de Guy Gweth a été « le point fort de la conférence ». Il faut dire qu’il a « su pimenter l’après-midi avec un flot ininterrompu de concepts, chiffres-clés et vérités dérangeantes, et je n’en attendais pas moins», a-t-elle écrit.
En rappel, le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) est né au sein du Trans-Atlantic Business Council. Fondé en 1995, ce club de multinationales est apparu avec deux missions. D’une part promouvoir un dialogue de premier ordre entre les élites économiques étatsuniennes et européennes. En ce sens, son objectif stratégique est de faire sauter les verrous législatifs qui peuvent entraver la fluidité des relations commerciales entre les deux continents. D’autre part, consolider la position de ses investisseurs (dans les pays dont le système juridique est jugé défaillant) aux fins de défendre leurs droits en cas d’atteinte à leurs intérêts.
Awa DIALLO