Directeur Général du fonds Fagace, Henri Marie Dondra explique les mécanismes de cette structure unique dans son genre. Le Fonds est ouvert aux Etats africains et non africains ainsi qu’aux Institutions et opère dans les zones économiques de la CEMAC, de l’UEMOA, les pays du Maghreb (Mauritanie) et EAC(Rwanda). NB: contrairement à ce que nous avions écrit,  la Guinée Equatoriale n’a pas encore finalisé son adhésion. 

 

Comment se présente le Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE) ? Quels en sont les Etats et institution membres ? Quel est son domaine d’intervention ?

L’idée de la création d’un Fonds de garantie capable de répondre aux besoins des Etats est née de l’initiative des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’OCAM, ex Organisation Commune Africaine et Mauricienne dont le souci majeur était :
• de renforcer les liens de coopération et de solidarité des membres de l’organisation,
• de favoriser la croissance harmonieuse de leurs économies,
• d’offrir le maximum de sécurité aux capitaux étrangers et domestiques désireux de venir s’investir en Afrique.
Ce projet a été concrétisé par la signature le 10 février 1977, de la Convention portant création et statuts du Fonds de Garantie et de Coopération de l’OCAM, au cours de la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement tenue à Kigali au RWANDA.
Le Fonds Africain de Garantie et de Coopération Economique est une Institution financière internationale, spécialisée dans la promotion des investissements publics et privés.
Notre objectif est de faciliter la mobilisation de l’épargne locale et externe pour promouvoir le financement de l’investissement, accompagner les entreprises privées et les institutions de microfinance dans l’accès au financement bancaire et contribuer à la mise en place des Instruments de facilitation de financement des PME et à leur renforcement financier et
technique afin de participer au développement économique et social des Etats membres, pris individuellement
collectivement.
A ce jour, 14 Etats sont membres du Fonds : le Bénin, le Burkina, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, La Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger le Rwanda, le Sénégal, le Tchad et le Togo et des démarches sont menées à l’endroit de pays africains et des institutions régionales et internationales pouvant permettre au Fonds de renforcer ses
interventions en Afrique.
Le Fonds est ouvert aux Etats africains et non africains ainsi qu’aux Institutions et opère sur les zones économiques
de la CEMAC, de l’UEMOA, les pays du Maghreb (Mauritanie) et EAC(Rwanda).
Nos principaux domaines d’intervention sont les industries de valorisation de ressources naturelles locales ou d’import substitution, le développement rural (agriculture élevage notamment), les infrastructures de base (routes, aéroports, chemins de fer, hydraulique villageoise) et modernes (énergie, télécommunications), les petites et moyennes entreprises de
biens et services : commerce, transport, tourisme et hôtellerie et, enfin, la santé et l’éducation.

 

 

Monsieur le Directeur général, vous êtes en poste depuis 2010. Quatre ans plus tard, peut-on dire que le fonds FAGACE est sorti des zones de turbulence ?

Le FAGACE a connu des difficultés comme beaucoup d’entreprises et d’institutions à la fin des années 2000. Cependant il est important de souligner que depuis notre arrivée à la tête de l’Institution en 2010, le Fonds a amorcé un nouvel élan conforté notamment par une augmentation  significative du capital qui a été progressivement porté de 100 Milliards
en 2008 à 200 Milliards en 2011 puis à 350 Milliards en 2014, preuve de la confiance renouvelée des Etats et du
Conseil des Gouverneurs au plan quadriennal 2012-2015 mis en oeuvre par l’actuelle direction.
En effet cette confiance résulte de la bonne santé économique du Fonds qui se traduit par nos états financiers qui sont positifs depuis quatre (4) ans.
Ceci est le résultat du renforcement du contrôle interne, l’assainissement du portefeuille clients, l’amélioration du niveau des fonds propres et des nouvelles interventions. Outre la relance des activités de garantie et de bonification de taux d’intérêts, nous avons initié le financement direct et l’émission obligataire sur le marché financier de la CEMAC. Autant d’actions qui
permettent de confirmer aujourd’hui l’effectivité de la relance économique du FAGACE au service du développement en Afrique.

Combien d’opérations et projets ont été garantis par le FAGACE depuis sa création il y a 30 ans ?

Au 31 décembre 2013, les engagements bruts cumulés en aval du FAGACE s’élevaient à 298 639 Millions de Francs en faveur de plus de 210 projets de PME-PMI dans 12 Etats membres. Les avals accordés par le Fonds ont permis de mobiliser des financements de plus de 1200 milliards de FCFA en faveur desdits projets. En outre près de 40 Milliards de FCFA seront bientôt mobilisés en faveur des projets privés industriels, agro-industriels, énergétiques et autres initiés dans les Etats
membres du Fonds tels que le Cameroun, le Congo et le Tchad.

Concrètement, quels sont les types d’entreprises ou projets qui sont concernés par vos services ? Quid des entreprises en phase de lancement ?

Peuvent bénéficier des interventions du Fonds, les quatorze (14) Etats membres de l’Institution ou leurs démembrements; c’est à dire les organismes publics ou parapublics, collectivités locales ; les entreprises privées ou mixtes, individuelles ou collectives, nouvellement créées ou en expansion, ayant leur siège et leur champ d’activité principal dans un ou plusieurs Etats membres ; les institutions financières nationales et internationales et tous les organismes régionaux dont l’action
concourt à l’intégration des économies des Etats membres.
Ainsi, des entreprises en phase de lancement, peuvent également bénéficier des interventions du Fonds mais uniquement dans le cadre d’une prise de participation après une évaluation  concluante. Il faut toutefois noter que la participation du FAGACE au capital d’une société ne peut excéder 10 % du capital de cette dernière.

 

En juin dernier, vous avez émis un emprunt obligataire sur le marché financier de l’Afrique centrale. Quel en était l’objectif ?

Les fonds levés à travers cette émission obligataire dans la zone CEMAC visent à doter le FAGACE de ressources adéquates pour permettre l’expansion et la diversification de ses activités à travers le financement direct du développement dans ses Etats membres. En effet 28 projets de demandes de prêts instruites en 2013 sont en programmation au titre de l’année 2014 pour un montant de 58 747 Millions de FCFA. Ces projets s’étalent sur l’ensemble des  territoires des quatorze (14) pays
membres et portent sur divers secteurs d’activité dont l’industrie qui représente 25%, de l’énergie à hauteur de 18%, de l’immobilier à 14% et du transport 10%.
Toutes ces actions devraient concourir à moyen terme à faire du FAGACE un moteur incontournable du marché
financier et la première institution de garantie africaine.