JM-MeyerLes poches trouées, mais heureux. Pour la deuxième édition du rapport annuel des Nations unies sur le bonheur, le Danemark conserve sa première place mondiale devant 155 autres pays. « Petit » pays par la superficie, le Danemark est donc à l’inverse la première puissance mondiale dans sa capacité inégalée à rendre ses 5,6 millions d’habitants heureux.

 

A se demander pourquoi le reste de la planète n’a pas encore cherché à émigrer dans ce royaume, le plus petit Etat des pays scandinaves. Où le bonheur paraît cultivé par tradition, comme inscrit dans l’ADN du Danois. La machine à bonheur danoise s’est en effet distinguée dès 1973 comme le pays le plus heureux de la planète dans un sondage de l’Union européenne. Soit au moins 40 ans de bonheur continu : une gifle pour ses voisins les plus proches et un camouflet pour ses cousins, mêmes les plus lointains.

Comble de la provocation, les Danois sont toujours les plus heureux en 2013, alors que leur pays sort difficilement de sa pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale et que son gouvernement de gauche impose à ses compatriotes une austérité budgétaire des plus rudes. Drôles de Danois. Le pays est le plus endetté au monde et les sujets de sa majesté Margareth II sont les contribuables les plus imposés de la planète.

Que dire encore ! Les hivers danois sont froids, longs et sombres. Et leurs habitants vivent moins longtemps que certains Méditerranéens. Mais rien n’y fait pour attaquer leur moral inoxydable. «L’une des choses qui rend les Danois heureux c’est la sécurité qui règne dans la société», affirme Meik

Wiking, le directeur du très sérieux Institut de recherche sur le bonheur, un centre de recherche danois. « Si on perd notre emploi, on bénéficie d’un soutien, si on tombe malade, on peut aller à l’hôpital, etc. », justifie-t-il. Car si c’est bien au Danemark que l’on paie le plus d’impôts au monde, les citoyens-contribuables sont très attachés à leur système social particulièrement généreux, qui assure par exemple une assurance chômage qui garantit 80% du salaire pendant deux ans après la perte d’un emploi. Et quand ils ont un travail, les Danois conservent beaucoup de temps libre avec une durée hebdomadaire de travail qui n’est que de 33 heures en moyenne.

Enfin, le lien social reste une réalité et le niveau élevé de confiance qui règne entre les habitants, reflet du crédit accordé aux dirigeants politiques et du niveau bas de corruption, explique également le bien-être danois d’après Meik Wiking. Dernier ingrédient clé de la recette danoise du bonheur : la modestie. Entre le XIIIe et le XVIIe siècle, le Danemark était une grande puissance européenne. Depuis, sa taille et son influence n’ont cessé de se réduire, le résultat « de 400 années de renoncements forcés à des territoires, de redditions et de batailles perdues », comme l’explique le site officiel du pays « denmark.dk ». « Ils n’ont rien gagné ces deux derniers siècles, ils n’ont fait que perdre, et ils ont créé une mentalité qui consiste à (…) apprécier ce qu’il vous reste », explique Michael Booth, auteur du livre « Les gens presque parfaits. »

Un enchaînement de renoncements que partagent de nombreux pays Africains et qui devrait donc les motiver pour marcher sur les traces des Danois. Car une nouvelle fois -mais est-ce bien surprenant dans ce cas ?-, les pays Africains sont calés aux dernières places du classement des Nations Unies. La Guinée, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, la Centrafrique, le Bénin sont les pays où les habitants sont les moins heureux au monde avec le Togo qui ferme la marche mondiale. Envie d’être Danois ?

 

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