Mozambique gazAprés la Chine, c’est au tour de l’Inde de se renforcer dans les champs gaziers mozambicains. Ainsi, la compagnie ONGC Videsh Ltd,   prépare une levée de fonds à l’international pour réunir les 2,64 milliards de dollars nécessaires à l’acquisition de 10% dans le champ gazier d’Anadarko Petroleum Corp.  

L’acquisition renforce la position du pays de Gandhi dans le champ de Rovuma 1 qui avait vu, en juin dernier, le même groupe, en consortium avec Oil India Ltd, s’emparer de 10% du site minéralier. En tout, l’Inde détient 30% de ce champ gazier.

 

L’offensive  sur le champ de Rovuma 1 s’inscrit dans une stratégie de positionner l’Inde dans la course ouverte aux ressources naturelles que se livrent les puissances émergentes et les pays anciennement industrialisés.  Le choix d’un emprunt international décidé par l’ONGC se justifie par la volonté de contourner les risques de change face à une monnaie indienne (le rupee) en dépréciation de 14% depuis le début de l’année.

Le site de Rovuma 1 sera la première zone de production de gaz naturel liquéfié, devant Ras Laffan au Qatar exploité par l’américain Exxon Mobil. La montée en puissance des groupes indiens se fait au détriment de  l’italien Eni et de  l’américain Anadarko. Ce dernier ne détient désormais que 26,5% du champ, avec, semble-t-il au vu de l’évolution positive de son cours boursier, la bénédiction du marché.

L’offshore mozambicain attire en ce moment beaucoup d’investissements. En mars 2013, la China National Petroleum Corp, le plus grand producteur de pétrole de l’Empire du milieu, a mobilisé 4,2 milliards pour acquérir auprès de l’italien Eni SPA, 20% dans le champ d’Area 4, lequel recèle un gisement de 75 trillions de mètres cubes, soit plus que les réserves prouvées de la Norvège et deux ans de consommation mondiale. Egalement intéressé par ce champ, le russe Gazprom qui trouve une belle occasion de se diversifier géographiquement.

Des transactions au dessus des mozambicains 

Notons que ces différentes transactions se sont faites jusqu’ici loin de l’Etat mozambicain. Le président Armando Guebuza a dû taper sur la table pour obtenir de l’italien Eni le paiement de 400 millions de dollars et l’engagement de construire une centrale électrique de 75 MW en compensation de la cession de 28,57% à la chinoise CNPC.