Adam smithLa crise alimentaire et la crise de la vie chère de 2007, ont été sans doute symptomatiques du délitement irréversible de la situation socio-économique de tous les pays du monde. L’orthodoxie financière qui a été érigée en dogme institutionnel, est une convention unanimement instaurée par les puissances occidentales comme le seul agrégat de la gestion financière qui a vocation à garantir la prospérité économique de l’humanité assure-t-on.

 

Par Coulibaly  Sidy*

 

Ce qui se passe à présent est à tous points de vue un échec  patent du capitalisme ultra libéral pourquoi ?   Parce que dans l’élaboration des fondamentaux de la  démocratie  facteur idéal de tout développement économique, le paramètre de la gestion macro économique à caractère socio humain, ne figurait pas dans la préoccupation des concepteurs. La théorie de l’ultralibéralisme élaborée par Adam Smith se voulait bien entendu une doctrine de progrès économique appuyée  sur le libre échangisme dans une société naturellement démocratique. Le marché étant le cœur du système où s’effectuaient tous les échanges, est un mécanisme d’autorégulation que Smith appelait « la main invisible » cela s’entend que tout intervention de l’état est préjudiciable à la dynamique.

Or, parler de marché, sous-entend spéculation. Le raisonnement économique d’Adam Smith au XVIIIe siècle qui conférait aux marchés ce rôle d’auto régulation se justifiait  à cette époque peut être. Depuis, le monde a subi une mutation vertigineuse. Pour preuve, sur les places boursières ce sont des ordinateurs qui effectuent des transactions en quelques microsecondes. Donc à titre de comparaison et par rapport au passé , l’évolution technologique à l’évidence a induit un saut qualitatif en termes de progrès.

Rôle  de la spéculation

Nombreuses sont des crises financières y compris des crashs boursiers que le monde a connus. Depuis les années 30, leurs fréquences sont tellement récurrentes que l’on ne peut s’empêcher de s’interroger sur la compétence des experts financiers internationaux. La première des interrogations qui me vient à l’idée est : Comment comprendre que ces éminences grises de la finance internationale n’ont pu tirer profit des causes qui ont provoqué de nombreuses crises depuis les années 30. Que Valent les innombrables observatoires de prévisions économiques disséminés partout dans le monde ? Qu’attendent-ils à la lumière de ces événements systémiques pour, proposer des solutions efficientes sur le développement macro-économique du monde ?

Sans être un adepte de Marx, et  conscient que son formidable travail de critique sur le capitalisme ne laisse personne  insensible malgré son caractère utopiste, le monde est à un tournant où  les ultralibéraux devraient, du fait qu’ils ont échoué, explorer en profondeur les recettes de l’économie collectiviste qui peuvent offrir d’autres alternatives de rectification sans chambouler le système qui a fait ses preuves. Peut-être trouveraient-ils quelques réflexions conduisant à redresser la trajectoire. Je ne m’improvise pas économiste car je ne suis pas un spécialiste en la matière. EN revanche, en tant qu’être social impliqué dans les miasmes de notre société moderne avec les conséquences économiques que nous connaissons, il m’a semblé utile de mettre en exergue les travers du système, les dérives, les abus comme agent économique qui s’imprègne à comprendre le mécanisme.  IL est aisé de comprendre que les  tenants  du néo libéralisme sont convaincus d’être  infaillibles et que le remède de l’austérité qu’ils préconisent et imposent pourra remettre le monde sur pied. Cependant il n’échappe à personne, que les spéculateurs ont un rôle parasitaire. 2- Sur le marché, les spéculateurs jouent un rôle de confiscation de ce qui, dans une perspective libérale, est condamnable dans la mesure où cela crée un goulot d’étranglement  qui conduit à une perversion délibérée dans la fixation des prix sans intégrer es préoccupations sociales majeures  des pays  du sud .

Impacts négatifs

Le rôle des marchés, l’attitude des spéculateurs, l’attentisme des institutions financières et les patrons investisseurs sont tous inhibés par le mythe américain du capitalisme. Ils sont animés par une pulsion à la limite de la kleptomanie qui les conduit à des manipulations qui induisent des effets d’externalité EX : délocalisations des industries dans les pays à bas cout de main-d’œuvre, y compris de services. Tout y passe pour optimiser les coûts et maximiser les profits. Au siècle dernier,  la richesse mondiale a connu un accroissement exponentiel  alors que, dans le même temps, sur le plan démographique,  1 milliard de personnes souffrent de la misère et de la pauvreté sur les  7 milliards que compte le monde. Comment expliquer ce paradoxe avec une telle accumulation de richesse ?

Serions-nous résignés à admettre que cette situation relève d’une fatalité ? Pour que le monde sorte de cette crise, il est venu le temps de changer de paradigme. Et Les mécanismes parfois complexes sur la problématique financière qui conditionne la vie quotidienne des peuples de tous les pays, sont bien cernés et appréhendés par les responsables politiques et économiques du monde et pourtant.

Dans  cet article, Il n’est pas question ici de prôner un changement  de système économique pour la simple raison qu’avec l’effondrement du bloc communiste, le socialisme a tiré sa révérence. Dans l’hypothèse où le contexte géopolitique n’aurait pas connu de bouleversement, l’option  marxiste  n’aurait pas été une solution de rechange tant son échec fut catastrophique partout où elle fut expérimentée. Cela étant, c’est précisément qu’il y a moins de socialisme que la crise s’intensifie. Pour preuve, le capitalisme ne peut être vraiment efficace que si les acteurs économiques sont amoraux car l’égoïsme de chacun assure le bonheur de tous. EX : avec l’effondrement du bloc communiste,  la France a été dessaisie des rapports de force économiques et juridiques qui plus est protégeaient  le capital de la mondialisation sauvage dans son insidieux processus, d’instrumentaliser les  hommes politiques qui perdaient toute volonté de garantir l’équilibre général et d’assurer le bien collectif, relevant de leurs missions régaliennes.

L’Europe a-t-elle les moyens de sortir de cette crise systémique  et bancaire ?

S’il y a un domaine dans lequel la France s’illustre comme un bon élève, c’est bien celui de l’inflation qu’elle maîtrise à merveille. Par contre, la contre-performance majeure qui l’empêche d’instaurer les fondamentaux réside dans le déficit commercial chronique devenu une normalité sous tous les gouvernements ; de droite comme de gauche. En dépit de ce constat édifiant, il faut noter la bonne tenue de l’épargne des Français plus que suffisante pour couvrir les besoins de financement des investissements productifs  donc de l’économie réelle. Par ailleurs, les montants collectés par l’assurance vie à eux seuls égalent  la dette publique de la France. À titre de comparaison, le taux d’épargne en France est estimé à quatre fois plus que celui de la plus grande puissance du monde : Les États-Unis. Malheureusement, l’État français n’a pas pris la mesure de l’évolution contextuelle. La consommation à outrance à crédit génère une dette dont  la valeur s’est amplifiée au fil du temps. L’impôt sur le revenu collecté est orienté à payer les intérêts de la dette. Ce qui  alourdit le poids de la dette, fragilisant l’économie. Du coup, la menace de la perte de la note AAA qui permet à l’État de recourir aux besoins à des taux faibles aux emprunts sur les marchés financiers, s’amplifie et crée une certaine volatilité des places boursières.

La tergiversation de l’Europe

Les deux colosses de l’union européenne : Français Allemand  j’entends, avec une volonté politique affirmée, auraient pu ériger un redoutable pare- feu pour neutraliser le cycle  de contagion. Ce manque de volontarisme a sans doute encouragé les marchés financiers à mener des assauts avec une facilité déconcertante contre les actions des sociétés et des marchés boursiers internationaux ; toutes choses égales par ailleurs, l’Espagne, la Grèce, l’Italie en pâtissent depuis, sait-on si le prochain sera la France ?

Faut-il attendre le scénario catastrophe pour que l’Allemagne et la France donnent  leur quitus à la BCE d’acheter toutes les dettes souveraines et de renflouer de façon substantielle le fonds de stabilité européen qui pour l’ heure n’est pas suffisamment dotée ? En clair, avoir la volonté politique d’activer les eurobonds, de mutualiser les dettes et de recapitaliser les banques, quitte à solliciter le concours de la banque mondiale et du FMI ?  Il est évident que si les Etats occidentaux avaient pris leur destin en main, user des pouvoirs souverains  dont ils sont dépositaires au nom de leurs peuples respectifs, cela aurait permis,  me semble-t-il, d’éviter les drames humains que le monde connaît ici et là et d’épargner les pays les plus fragiles au sud du Sahara d’être impactés par d’épreuves supplémentaires qu’is connaissent. Ces impacts négatifs que ces pays redoutent à long termes engendrent trois éléments capitaux, qu’il faut préserver et de surcroit consolider en dépit de probables effets collatéraux.

La gestion durable

Parler de la gestion raisonnable de l’immigration, sans une bonne gestion macro-économique des pays économiquement faibles en Afrique ou en Amérique du Sud-est un leurre. Malgré la pauvreté des pays africains, le continent demeure un atout pour l’Europe en termes de meilleur taux de retour sur investissement ; toutes  les statistiques unanimement le reconnaissent. Pour autant, la jeunesse qui constitue la force vive de ce continent est subjuguée par l’image idyllique du Vieux continent malgré la fermeture des frontières de l’Europe. La résolution de ce problème qui est bien entendu économique devrait avoir la vertu d’inspirer les grands de ce monde de manière :

1)      A ne pas faire des coupes dans l’aide au développement

2)      .2) Encourager les investissements dans les secteurs industriels à forte valeur ajoutée pour créer des emplois.

3)       3) Repenser une nouvelle vision  de bonne gouvernance compatible avec une gestion macro-économique conforme aux  aspirations justes  sur le partage équitable des richesses.

 

Le continent Africain doit être conscient de l’impérieuse nécessité d’asseoir son unité socio politique et économique on ne le dira pas assez  CE projet qui a lui seul résume les problèmes et les solutions  d’un continent avec tous les attributs lui garantirait les mêmes respectabilités et les mêmes honneurs que les U.S.A L’EUROPE, LA CHINE.

 

 

 

 

 

*dCoulibaly Sidi est malien, titulaire d’un diplôme supérieur de français option civilisation et littérature. Diplôme de Proficency du département des langues modernes (Université du Ghana). Il est également titulaire du Certificat journalistique de l’école supérieure et des relations internationales de Paris.