Dans son rapport annuel sur la situation des flux d’investissements directs à l’étranger (IDE) pour l’année 2012, la  CNUCED fait état d’un volume total de 1350 milliards de dollars d’IDE, en baisse de 18%. Trois principales tendances sont à retenir au plan mondial:

 

des montants globaux à la baisse,
– une part croissante à destination des pays en développement,
– et une plus forte prise en compte de facteurs liés au développement durable.

Sur le plan africain, le Maroc  fait office de moteur en termes d’attraction des IDE avec 2,826 USD mds en 2012  par rapport à ses voisins d’Afrique du Nord et du continent Africain de manière générale tandis que l’Algérie enregistre une forte baisse des flux d’investissement.

La Tunisie parvient à continuer sa progression en termes d’attraction d’IDE. L’Egypte quant à elle réussit de nouveau à attirer des investisseurs suite à la chute des montants en 2011 même si ces derniers restent loin derrières les chiffres de 2010.

                         Flux d’IDE entrants par pays MED depuis 2007 en USD millions                                                                
       
         
 Flux sortants d’IDE par pays MED depuis 2007 en USD millions

 

         

2- Les pays en développement se positionnent comme première destination des IDE mondiaux

 

  • Ces sont les pays en développement qui ont accueilli le plus d’IDE en 2012 avec 52 % des flux mondiaux. Toutefois, les flux d’IDE vers ces pays ont légèrement diminué (de 4 %), pour s’établir à 703 USD mds.  Quant aux flux d’IDE en prevenance des pays en développement, ils se sont établis à 426 USD mds, soit un niveau record de 31 % du total mondial.
  • Pour ce qui est des autres économies régionales,  les flux d’IDE ont diminué de 5% vers l’Asie de l’Est et l’Asie du Sud-est,  premier recul depuis 2009. Les mauvais résultats sont en parties dus au recul des flux d’IDE vers des pays comme la Chine, Hong-Kong, la Malaisie ou la Corée-du-Sud dans un contexte de crise économique mondiale.
  • L’Asie de l’ouest, qui comprend la Turquie ainsi que l’ensemble du Golfe Persique, enregistre de manière globale pour la quatrième année consécutive une baisse du flux d’IDE entrant sur le territoire. Ce résultat est majoritairement du à l’instabilité politique de la région. Les deux principaux bénéficiaires historiques d’IDE, l’Arabie Saoudite et la Turquie, attirant à eux deux 52% des IDE enregistrent des baisses atteignant respectivement 23% et 25%. Toutefois, l’Arabie Saoudite laisse pour la première fois la première position en termes d’investissement entrants à la Turquie.
  • L’Amérique du Sud et les Caraïbes connaissent une année assez hétérogène en termes d’attraction d’investissements directs à l’étranger. Les pays du pourtour de la mer des Caraïbes voient les IDE entrants augmenter globalement de 2% tandis que pour l’Amérique du Sud, l’augmentation est de 12%. Les pays d’Amérique du Sud bénéficient d’atouts naturels, notamment en termes de ressources, permettant d’attirer les investisseurs. Le Brésil a par exemple pris de nouvelles mesures en matière de politique industrielle afin de favoriser l’investissement.

3- Le développement durable est nouvelle priorité

  • Le rapport de la CNUCED met en avant le nombre croissant de pays ayant mis en place des réglementations afin de prendre en compte des critères de développement durable dans leurs démarches d’attraction des investissements. Les normes environnementales sont davantage intégrées et les traités tentent désormais de maximiser les effets positifs et de minimiser les effets négatifs des investissements. Près de la moitié des accords d’investissements incluent dorénavant des clauses permettant à tout moment l’abandon de la démarche, ce qui ouvre de nouveaux défis pour les législateurs notamment au niveau de l’attraction des investisseurs.

 

 

Mohamed B Fall (Source : rapport CNUCED)