Bouazizi TunisieLa première torche du printemps arabe avait été allumée par Mohamed Bouazzizi, jeune marchand ambulant, qui s’était suicidé par le feu pour protester contre la confiscation de son étal.  En dépit de la révolution, la situation ne n’est pas améliorée.  L’économie parallèle nourrirait 66% des tunisiens.  Le patronat et les syndicats demandent à l’Etat d’intervenir.

C’est le patronat tunisien qui a lancé le premier le cri d’alarme sur le commerce parallèle et la contrebande. L’union tunisienne du commerce, de l’industrie et de l’artisanat (UTICA) avance le chiffre de trente mille (30 000)  personnes qui exercent cette activité illicite et dangereuse pour le pays.

Le commerce parallèle et la contrebande gangrènent tous les secteurs, carburants, produits alimentaires et agricoles, habillement, bétail  et médicaments.  De  véritables zone franches sont installées et pas que dans les zones frontalières avec l’Algérie et la Libye.

Dans le grand Tunis et les grandes villes, les étals anarchiques foisonnent et les semi-remorques sillonnent les routes du Nord au Sud et d’Est en Ouest. Des efforts sont effectués par des brigades mixtes (police municipale, garde nationale et parfois même l’armée) pour lutter contre ce fléau, mais comme dit le proverbe tunisien ‘’le voleur triomphe toujours de son détracteur’’.

Des produits non taxés et sans droits de douanes causent fatalement un manque à gagner pour l’Etat sans parler des risques sanitaires.

La situation est tellement inquiétante que la puissante centrale syndicale UGTT s’est jointe à l’organisation patronale pour réclamer des mesures draconiennes de lutte contre ce phénomène nuisible à l’économie du pays, surtout après avoir eu vent de rumeurs faisant état de la création de mini zones franches pour engloutir le commerces parallèle.

Selon eux, le gouvernement a du se dire que les rentrées fiscales sont de toutes les façons perdues pourquoi ne pas légaliser ces commerces illicites ? Et faire baisser le taux du chômage ne serait ce que d’un point ou deux. Ce sera un argument électoral à faire prévaloir pendant la prochaine campagne.

Quand on sait que les étals anarchiques sans autorisations, nombreux devant les mosquées, sont détenus par des salafistes, vendant gandouras, djellabah, khôls ect … On comprend mieux l’idée complice du parti islamiste Ennahda au pouvoir de créer des zones franches. Mais il ne s’agit que de rumeurs pour le moment.

Ce n’est qu’une partie de l’iceberg du commerce illégal. En vérité tout le monde s’y met, dans ce domaine où l’argent n’a pas d’odeur et la politique n’a pas de couleur.

De grandes quantités de carburant  franchissent quotidiennement les frontières et se vendent en Tunisie un peu moins cher que dans les kiosques à essence.  Des containers remplis de marchandises atterrissent, on ne sait comment, sur les marchés sans droits de douanes, des  tonnes de produits alimentaires sont embarquées sur des camions à destination de la Libye. Ce sont des scènes de la vie quotidienne dans le pays.

Touchés de plein fouet par la cherté de la vie, les citoyens sont instinctivement ou volontairement complices. Des statistiques indiquent que 66% des tunisiens s’approvisionnent sur le marché parallèle.

L’autorité de l’Etat en prend un sacré coup dans cette situation marquée par les dépassements en tout genre.

C’est pourquoi, le gouvernement et l’UTICA ont décidé le 24 mai de créer trois commissions mixtes pour lutter contre le commerce parallèle et le transport anarchique.

La première sera chargée d’étudier et d’analyser les deux phénomènes aux plans économique, juridique et fiscal. La deuxième s’occupera de rechercher les moyens d’intégrer progressivement ces commerces parallèles au système structuré (zones franches peut-être?…), alors que la troisième se penchera sur la question de la sensibilisation.

Une quatrième commission, de réflexion sera créée  et concernera le développement du transport multimodal et le transport terrestre privé. Elle soumettra ses propositions à la haute commission gouvernement-UTICA.

Cela suffira-t-il pour arrêter l’hémorragie ? Les tunisiens le savent bien, ils disent souvent, ‘’si vous voulez évacuer un problème, créez une commission’’ !!! .

 

 

 

 

 

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